Baptiste Cozzupoli, Caroline Villemin et Victoire Vincent, trois artistes, se retrouvent confinés ensemble à Nancy et décident de créer une photographie par jour en utilisant que les matériaux autour d’eux. Un livre sortira en septembre regroupant l’ensemble des photos, des textes et une partie Laboratoire expliquant le processus créatif des artistes.

Le temps est devenu incertain tout à coup et notre univers s’est réduit à 72 m2.

72m2 que nous allons devoir partager pour une durée indéterminée tous les 3, sans issue possible, ni porte de sortie.

Plusieurs questions s’imposent :

Comment composer tous les trois ? 

Comment survivre à cet événement ? 

Comment faire pour vivre cette situation au mieux ?

Depuis quelques mois, nous travaillons ensemble sur des questions de graphisme et colorisation mais aussi sur des masques et des studios photo très colorés.

La création était déjà notre moyen de communiquer et d’exister ensemble.

Le 17 mars est devenu le moyen de donner un sens à cet événement qui nous est tombé dessus et qui a tout mis à l’arrêt.

CREER ! Se confiner ensemble était le bon moyen de faire cette résidence de création qui nous trottait dans le tête depuis plusieurs mois.

Au départ, la technique photographique de Baptiste s’est imposée comme un élément pilier. Puis se sont greffés nos différents savoirs faire (collage, différentes techniques plastiques, graphisme…).

Au départ, nous n’utilisions que quelques artifices, du maquillage et une mise en scène réfléchie.

Puis sont arrivées les pensées qui nous obsèdent, que l’on a mises en commun et que l’on exploite ensemble.

Nous avons fait du temps notre allié, pour nourrir avec patience les différentes réflexions qui nous animent. Nous nous sommes imposés la contrainte de réaliser un cliché par jour.

Cette contrainte est très forte, composer avec ce que l’on est et ce que l’on a à notre disposition.

Il faut rendre possible les idées de l’avant confinement, chercher des solutions, innover, faire des choix, utiliser le matériel en notre possession.

Ce rite photographique journalier implique une rigueur dans la recherche et la création toujours plus grande et pertinente.

Alors, tous les jours sont devenus un jour nouveau, habité par une idée, une obsession.

Ce travail dynamique est devenu urgent. Le temps imposé est devenu précieux.

Cette nouvelle recherche s’inscrit dans la continuité des différentes réflexions que nous avions avant d’être confinés

C’est une vision satyrique du confinement mais aussi des questions que l’on se pose quand on est enfermé.

C’est un Huit Clos qui s’articule, se démonte, se construit, se déconstruit, au quotidien.

Cette série se veut à la fois cynique et humoristique.

Elle est également très fragile car les choix des sujets, des décors étaient très restreints.

Chaque image doit incarner au plus juste nos obsessions, nos craintes, nos envies.

L’image désignée chaque jour était le fruit d’un consensus que nous faisions à trois.

Les clichés étaient publiés chaque jour sur  Instagram. 

Cette série est devenue un rituel à la fois pour nous mais aussi pour toutes les personnes qui nous ont suivi.

Ce constat nous a donné l’envie d’éditer un livre racontant au quotidien ces huit semaines de résidence artistique.